Résister au froid de l’hiver

De bonnes stratégies pour se protéger du grand froid manitobain

Imaginez la carte postale : des sapins couverts d’une épaisse couche de neige, des flocons qui tombent doucement sur la tête d’un enfant qui tente de les attraper avec sa langue, des lumières qui scintillent. Une image tellement magique qu’on oublie le froid intense qu’il a fallu braver pour prendre la photo. On oublie parfois que l’hiver est synonyme d’orteils et de doigts gelés, d’un nez qui coule, sans oublier ce vent glacial qui nous donne l’impression d’avoir « froid aux cheveux ».

Mais il ne faut surtout pas se laisser abattre par l’hiver. Après tout, on a choisi le Manitoba, ou bien le Manitoba nous a choisis. Il reste que le froid comporte des dangers.

Tout d’abord, qu’arrive-t-il à notre corps quand il fait froid? Il y a un échange thermique entre notre corps et l’environnement, c’est-à-dire que le corps perd de la chaleur au profit de l’environnement. En plus, le froid est tellement avare qu’il prendrait toute notre chaleur si on le laissait. Heureusement que le corps a une arme contre le froid qui nous empêche de finir comme un glaçon qui pend d’une gouttière. Il possède un mécanisme appelé « thermorégulateur », une sorte de thermostat qui garde notre température interne à 37 oC.

Mais avez-vous remarqué que, malgré les mitaines et bottes « thermoquelquechose », il est difficile de se garder les doigts, les oreilles et les orteils au chaud? Effectivement, comme le corps travaille fort pour maintenir sa température interne, il doit économiser son énergie. C’est pourquoi il ralentit la circulation du sang au niveau des mains, des pieds, du nez et des oreilles. Tout un sacrifice! Et comme le cerveau ne peut être privé d’oxygène, ce mécanisme n’existe pas au niveau de la tête. Ainsi, lorsque la tête n’est pas protégée adéquatement, elle laisse échapper notre précieuse chaleur. D’où l’importance de porter la tuque rose et verte que nous a tricotée grand-maman.

Comme il cherche à maintenir sa température interne, le corps nous envoie des signaux pour nous avertir qu’il refroidit, soit des frissons, des grelottements, des rougeurs et de la douleur. Il faut être à l’écoute de ces signaux, car de nombreux dangers sont associés au froid.

Tout d’abord, on peut souffrir de graves engelures. Les parties du corps exposées ou mal protégées deviennent rouges et douloureuses, puis grises. Dans les pires cas, une amputation peut être nécessaire.

On peut aussi souffrir d’hypothermie lorsque la température du corps descend sous la barre des 35 oC. Le froid, l’humidité et le vent sont tous des facteurs contribuant à l’hypothermie. L’hypothermie peut être dangereuse, voire mortelle. Une personne qui en souffre frissonne et grelotte puis commence à marmonner, à trébucher et à avoir de la difficulté à manipuler des objets. Surtout, sachez en reconnaître les premiers signes!

Par ailleurs, le froid peut être particulièrement dangereux pour les personnes âgées et les malades chroniques. Pour maintenir sa température, notre corps augmente la circulation sanguine au niveau cardiaque et respiratoire. Ainsi, un effort accru est nécessaire pour lutter contre le froid. Ces personnes risquent de mettre leur santé en danger si elles passent une période prolongée au grand froid.

Il faut prendre des précautions particulières par grand froid. Tout d’abord, adaptez votre habillement : couvrez-vous la tête. La tuque ou le chapeau agit comme un bouchon qui retient la chaleur. Lorsqu’on enlève ce bouchon, on peut perdre jusqu’à 30 % de sa chaleur corporelle. Prêtez une attention spéciale à vos extrémités, soit les mains et les pieds. Elles sont particulièrement sensibles compte tenu du ralentissement de la circulation sanguine. Et enfin, privilégiez la technique de l’oignon : portez plusieurs épaisseurs de vêtements, car les couches d’air ont des propriétés isolantes. Si vous devez être à l’extérieur quand il fait froid, bougez! Toutefois, si vous êtes une personne à risque, limitez le plus possible les activités extérieures.

Par froid extrême, si vous devez absolument vous déplacer en voiture, apportez au moins une couverture, des vêtements supplémentaires, un téléphone cellulaire, des chandelles et des allumettes, et assurez-vous d’avoir fait le plein. Si vous êtes bloqué sur le bord de la route, faites tourner le moteur 10 minutes toutes les heures, et entrebâillez une vitre pour éviter l’intoxication au monoxyde de carbone. Faites des étirements de temps en temps et veillez à ne pas décharger inutilement la batterie.

Surtout, lorsque le mercure monte un peu et qu’il est agréable de passer du temps à l’extérieur, profitez-en. Allez faire une marche, faire un ange dans la neige, faire du toboggan ou patiner sur le sentier d’hiver! Vous resterez en forme et l’hiver vous semblera moins long.