Combattre la dépression (TCC)

Le monde est rempli de merveilles qui nous font vivre des expériences inoubliables. Toutefois, il est aussi parfois à l’origine de bien des peurs qui risquent de se transformer en anxiété chronique et, dans les pires cas, de nous plonger dans de graves dépressions. Avant toute chose, il importe de se poser la question suivante : quelle est la source de cette anxiété? Est-ce vraiment ce qui se produit autour de nous ou notre façon de l’interpréter? Selon la thérapie comportementale et cognitive, ce sont nos cognitions, c’est-à-dire nos pensées et nos croyances, qui sont à l’origine de nos émotions, et ce sont elles qui provoquent nos réactions, à savoir les comportements qui nous plongent dans un état de déprime.

Pourquoi est-ce que je vous parle de cette thérapie? Et bien, c’est qu’elle connaît actuellement un réel succès dans le traitement de l’anxiété et, surtout, de la dépression, qui est considérée comme la maladie du siècle.

Cette thérapie remonte aux années 1960 et a été développée par le Dr Aaron Beck et ses collaborateurs. Elle repose sur le principe que nos émotions et nos comportements sont un résultat direct de nos croyances et pensées. C’est donc notre façon d’interpréter et de percevoir les événements qui serait en cause. Comment le savons-nous? Et bien, c’est simple. En temps de crise, par exemple, les personnes touchées réagissent toutes différemment, certaines se montrant très anxieuses, d’autres arrivant à « rationaliser » la situation, c’est-à-dire à ne pas la dramatiser.

L’humain est un bon élève. À mesure qu’il grandit, il vit des expériences qui vont créer des filtres à travers lesquels il perçoit les événements. Il reçoit également des filtres de ses parents et de sa famille. Certaines personnes vont recevoir des « lunettes roses » et verront le côté positif de la vie, alors que d’autres auront des « lunettes noires » et verront le mal partout. Il se peut qu’une personne finisse par avoir des idées anormalement négatives et irrationnelles, qu’on appelle distorsions cognitives, la source de bien des problèmes.

Lorsqu’un événement survient, nous l’interprétons en fonction de ces filtres. Par exemple, Jean, l’ami de Denise revient du travail en parcourant son courrier. En voyant Denise, il pousse un gros soupir. Denise est bouleversée car elle avait tellement hâte de le voir. Elle croit qu’il est déçu de la voir et part en pleurant.

Ce que tente de faire la thérapie comportementale et cognitive, c’est de retirer les filtres négatifs pour qu’une personne puisse interpréter des situations de ce genre de façon objective. Jean aurait pu être malade ou être préoccupé par un événement survenu au travail. En fin de compte, il venait de recevoir une lettre de Revenu Canada. Il avait matière à soupirer, non?

Comme vous le savez, il est très difficile, et même impossible, d’arrêter le flot de certaines émotions. Par exemple, il est inutile de dire à une personne déprimée : « Arrête d’être déprimée! ». Ce qui explique l’efficacité de la thérapie comportementale ou cognitive, c’est qu’elle agit sur les pensées des clients plutôt que sur les émotions.

Dans notre exemple, le thérapeute aiderait Denise à voir toutes les raisons pouvant expliquer le soupir de Jean. Était-il malade ou avait-il eu une mauvaise journée au travail? A‑t‑il un tic nerveux? Le thérapeute peut ainsi amener Denise à envisager d’autres possibilités, ce qui peut l’aider à comprendre la vraie raison pour laquelle Jean a soupiré et du même coup à éliminer la source de son anxiété. Il l’aide également à prendre connaissance de ses filtres et de ses distorsions cognitives.

La thérapie comportementale et cognitive a l’avantage d’être axée sur le présent, et peut vous aider à briser le cercle vicieux lié aux distorsions cognitives. Il s’agit de l’une des thérapies les plus efficaces lorsque l’anxiété et la dépression sont au cœur du problème. Si vous vous intéressez à cette thérapie, il existe de nombreux livres sur le sujet. Je vous suggère les deux titres suivants : Dépression et anxiété : comprendre et surmonter par l’approche cognitive de Dennis Greenberger et Christine Padesky et Être bien dans sa peau du Dr David D. Burns. Vous y trouverez toute une gamme de renseignements, d’exercices et d’exemples de distorsion cognitive, et bien d’autres choses encore. Si vous voulez en savoir davantage, parlez-en à votre médecin et il ou elle saura vous rediriger.